Plastique et santé

Des risques majeurs dès la phase fœtale 

Les plastiques sont aujourd’hui considérés comme une source majeure d’exposition humaine à des substances toxiques et à des particules (micro et nano plastiques) capables de s’accumuler dans l’organisme, jusque dans le placenta et le lait maternel.

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Si les connaissances scientifiques restent encore partielles, elles convergent vers un risque sanitaire préoccupant, en particulier pour le système hormonal, respiratoire, cardiovasculaire et digestif. Aujourd’hui, les chercheurs établissent des liens entre notre exposition aux plastiques et de nombreuses pathologies :

  • perturbations endocriniennes,
  • infertilité,
  • cancers hormonodépendants,
  • retards neuro-développementaux,
  • maladies cardio-vasculaires…

Les femmes, les jeunes enfants et les fœtus sont particulièrement à risques.

1. Voies d’exposition et accumulation dans le corps 

L’être humain est exposé aux plastiques, microplastiques et à leurs additifs chimiques, principalement par trois voies :

  • l’ingestion (alimentation, eau, migration depuis les emballages),
  • l’inhalation (air ambiant, fibres textiles, poussières),
  • le contact cutané (cosmétiques, produits d’hygiène, objets du quotidien).

Des études ont mis en évidence la présence de microplastiques dans le sang, les poumons, le placenta humain et divers organes, suggérant que certaines particules sont capables de franchir les barrières biologiques. Une accumulation progressive est également observée avec l’âge, notamment au niveau pulmonaire, ce qui laisse supposer une persistance des particules dans l’organisme.

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Source : Rapport d’office parlementaire sur les impacts des plastiques sur la santé humaine – Sénat

2. Toxicité chimique : additifs et perturbateurs endocriniens

Les risques sanitaires liés au plastique ne tiennent pas uniquement à la présence physique des particules de plastique (micro et nano plastiques), mais aussi aux substances chimiques qui leur sont associées.
On recense aujourd’hui plus de 16 000 produits chimiques utilisés dans les plastiques, dont environ 4 000 sont reconnus comme toxiques, selon la base de données PlastChem. Nombre d’entre elles sont identifiées comme des perturbateurs endocriniens, et certaines sont également classées comme cancérogènes possibles ou probables. Parmi les plus étudiées figurent :

  • le bisphénol A (BPA),
  • certains phtalates comme le DEHP,
  • les retardateurs de flamme bromés (PBDE).

Ces substances peuvent se diffuser dans l’air, l’eau et les aliments, puis pénétrer dans le corps humain. Ils peuvent migrer des plastiques vers les aliments ou l’organisme, notamment en cas de chauffage, de contact prolongé ou de dégradation du matériau.

Ils sont associés à des troubles de la fertilité, des anomalies du développement de l’enfant, des dysfonctionnements thyroïdiens, des troubles métaboliques (obésité, diabète) et à une augmentation du risque de certains cancers (sein, prostate notamment).

Source : Sommet sur la pollution plastique à Genève : “16 000 substances chimiques sont présentes dans les plastiques de notre quotidien” – franceinfo

3. Micro et nano-plastiques : les organes vitaux et le sang contaminés 

Tout comme les substances chimiques, une partie importante de l’exposition se fait par l’ingestion de particules de plastiques présentes dans l’alimentation, l’eau ou migrées des contenants plastiques. 

Les études montrent que les microplastiques s’accumulent dans l’organisme et sont désormais détectés dans tous les organes. Tandis que les nanoplastiques, plus petits et difficiles à détecter, peuvent traverser la barrière intestinale, pénétrer le sang ou circuler via les nerfs, atteignant des organes secondaires comme les reins, les testicules, le placenta … où leurs effets restent largement sous-estimés. Cette capacité des particules à circuler dans l’organisme expose à des effets potentiellement délétères sur différents organes et systèmes.

image issue du International journal of molecular sciences

Les travaux indiquent que ces particules peuvent altérer le microbiote intestinal et, lorsqu’elles sont inhalées, atteindre l’ensemble de l’arbre respiratoire, des voies supérieures jusqu’aux zones profondes des poumons, contribuant à une dégradation de la fonction respiratoire.

Par ailleurs, des études récentes associent la présence de microplastiques dans l’organisme à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires, notamment l’infarctus du myocarde.

Sur le plan neurologique, certaines particules, comme le polystyrène, pourraient favoriser l’agrégation de protéines impliquées dans des maladies neurodégénératives.

Enfin, la combinaison de génotoxicité (atteinte de l’ADN), de perturbations endocriniennes et de stress oxydatif renforce l’hypothèse d’un rôle des plastiques et microplastiques dans la survenue de cancers, en particulier hormono-dépendants.

Sources :

4. Populations vulnérables et enjeux de santé publique

Certaines populations apparaissent particulièrement vulnérables : femmes enceintes, nourrissons, enfants, personnes âgées, ou personnes déjà atteintes de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires.
La découverte de microplastiques dans le placenta et la possibilité d’une exposition in utero soulèvent des inquiétudes majeures quant aux effets sur le développement fœtal et la santé des générations futures.

Les enfants et les fœtus : des populations particulièrement à risque face au plastique. L’exposition précoce aux micro et nanoplastiques, ainsi qu’aux additifs chimiques, est associée à l’apparition de maladies chroniques dès l’enfance. C’est ce que souligne la revue scientifique internationale The Lancet Child & Adolescent Health, qui s’appuie sur une centaine d’études menées auprès de femmes enceintes, de nourrissons et d’enfants. Ces substances peuvent perturber le système endocrinien, provoquer des inflammations et altérer le développement cérébral. À long terme, elles sont associées à des troubles neurodéveloppementaux (autisme, TDAH, baisse du QI) et à des maladies métaboliques ou cardiovasculaires (obésité, diabète, asthme, infertilité).

Les micro et nanoplastiques sont également capables de franchir la barrière placentaire.
Une revue publiée dans Toxicology Reports, fondée sur des études in vitro, in vivo et sur des échantillons humains, met en évidence des résultats préoccupants :

  • perturbation du fonctionnement de l’unité fœto-placentaire,
  • exposition du fœtus au stress oxydatif et à des inflammations,
  • altérations épigénétiques,
  • effets potentiels sur la reproduction à l’âge adulte.

Sources :

5. Quelle prévention mettre en place ?

Ces découvertes rappellent l’urgence de réduire notre exposition aux plastiques et à leurs additifs, en particulier pendant la grossesse et la petite enfance, périodes où l’organisme est le plus vulnérable.

Agir à la source est essentiel pour limiter les risques :

  • Réduire les usages inutiles de plastique : privilégier les contenants réutilisables, éviter les emballages superflus et les objets à usage unique en plastique.
  • Limiter l’exposition alimentaire : ne pas chauffer les aliments dans des contenants plastiques, éviter le plastique pour les boissons chaudes ou grasses.
  • Privilégier des alternatives sûres : opter pour le verre, l’acier inoxydable ou le bois là où c’est possible.
  • Exiger la transparence sur la composition des plastiques : lire les étiquettes, éviter les plastiques contenant des perturbateurs endocriniens connus (BPA, certains phtalates, PBDE).
  • Informer et sensibiliser : parents, écoles et collectivités peuvent adopter des pratiques visant à réduire l’exposition des enfants.
  • Soutenir la recherche et la réglementation

En combinant ces solutions, il est possible de préserver la santé humaine et celle des générations futures, tout en contribuant à la réduction de la pollution plastique dans l’environnement.

Pour aller plus loin :